Retour

Nouvelles

Dans les coulisses de JACOBB

 
 

25 mai 2020

Crise sanitaire oblige, nous avons échangé via Zoom avec son directeur général Mathieu Boisclair, et deux des chercheurs industriels en IA appliquée du Centre, Nesrine Zemirli et Charles Boisvert. Objectif : connaître davantage JACOBB « le Centre d’intelligence artificielle appliquée », son expertise et ses projets en cours.

Entretien virtuel à plusieurs, en période de confinement.

Dans un premier temps, si je vous demande de me définir la mission de JACOBB en une seule phrase…

Mathieu Boisclair : « Accélérer le transfert des technologies émergentes en IA. Principalement dans les organisations et les PME d’ici, les entreprises en démarrage et en développement de produit actif. Ça a une réelle valeur pour une entreprise d’intégrer l’IA lorsque les projets sont bien réfléchis. Notre base de clientèle est en devenir rapidement. »

Nesrine Zemirli : « Ce serait un mot. Pour moi c’est “Innover”. Innover pour aider les entreprises. »

Charles Boisvert : « Comme Nesrine, pour moi, c’est “Innovation”. On est un peu l’extension de certaines équipes des compagnies pour lesquelles on travaille. Ce que j’aime aussi avec JACOBB, c’est que l’on travaille aussi avec les gouvernements, comme en réussite scolaire, en environnement et en santé… On est là pour aider les gouvernements et les PME.»

L’expertise de JACOBB cible en effet 3 axes principaux de recherche : les technologies de la santé, le secteur des services (Fintech, Insurtech, Legaltech, etc.) et le traitement des mégadonnées.

Si vous deviez me décrire la force de l’expertise de JACOBB en IA?

Nesrine Z. : « Dans le titre de JACOBB “Centre d’intelligence artificielle appliquée”, ce qui est hyper important pour moi et qui me tient à coeur, c’est “L’IA appliquée”. Au-delà de l’accompagnement, on a une expertise pour décortiquer un projet et l’amener jusqu’à son application au sein des PME. Parce qu’on peut rester dans un concept théorique, mais avec Charles et l’équipe JACOBB, on a le souci d’amener justement cette intégration, alors il y a toute la notion d’ingénierie logicielle appliquée à l’IA. Il faut savoir être agile et innovant dans nos approches. Le but, c’est d’amener l’intégration de l’IA à un point où l’entreprise peut industrialiser rapidement le prototype développé. C’est un défi, c’est moins magique et il y a beaucoup d’incertitudes, mais c’est un beau défi. »

Charles B. : « On parle beaucoup d’IA un peu partout depuis 2015-2016. J’ai l’impression que la plupart des gens voient ça comme une baguette magique qui peut régler tous leurs problèmes. Les entrepreneurs connaissent l’IA, mais pas forcément tous ses pouvoirs. Nous autres, on est là pour les accompagner et leur faire comprendre que ce n’est pas de la magie, qu’il faut des données, qu’il faut une expertise, qu’ils n’ont pas nécessairement en interne. Nous avons des backgrounds en informatique, en mathématiques, c’est vraiment une science nouvelle, et c’est notre job d’accompagner les entrepreneurs. »

Justement, avez-vous des exemples de collaboration réussie pendant la pandémie ?

Mathieu Boisclair : « On n’a pas chômé. On a perdu un certain nombre de projets puis on en a gagné d’autres. Dans le secteur de la santé, on a eu un certain nombre d’appels à projets de la part du gouvernement. La pandémie a très clairement accéléré la transformation numérique au niveau de la santé. Tout ce qui est télémédecine est en train d’exploser. On cherche à aider une entreprise en télémédecine pour les traitements des troubles du sommeil, par exemple.

« Le secteur de l’éducation aussi est en train de prendre le virage numérique. Les professeurs doivent passer en mode numérique. Certaines institutions étaient à la traîne, mais les investissements récents pour permettre ce virage ont été importants. Maintenant, nous, on va être directement impliqué dans l’IA dans la pédagogie, dans la réussite scolaire. Récemment on a eu une demande importante du Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement Supérieur pour faire intervenir davantage l’IA et la science des données pour venir appuyer cette réussite scolaire-là. »

Nesrine Z. : « En dehors de la COVID-19, je pourrais parler d’un projet qui me tiens à cœur en collaboration avec Edilex, un leader québécois innovant dans le domaine du “LegalTech” et qui offre des logiciels de rédaction automatisée de contrats juridiques complexes. Nous travaillons depuis quelques mois à la création d’un système de recommandation cognitif intelligent capable de modéliser les pratiques lors de la rédaction de contrats. Le but est de personnaliser et d’augmenter le niveau d’intelligence de la rédaction de contrats complexes à l’aide d’une IA hybride combinant des raisonnements de logique non classique telle que la logique floue intégrée aux réseaux de neurones et aux graphs sémantiques dans un processus d’apprentissage par renforcement centré expert-humain. Toute une innovation ! C’est un projet passionnant. Notre collaboration avec l’expertise d’Edilex apportera une réelle révolution dans le domaine juridique. »

Comment les autres centres collégiaux de transfert, membres de Synchronex, intègrent l’IA ?

Mathieu Boisclair : « Avec JACOBB, on est particulièrement actif dans un regroupement qui s’appelle l’ “escouade numérique” au sein de Synchronex. Là-dessus, on a plusieurs échanges. On cherche à mutualiser les projets et les expertises disponibles. Nous avons beaucoup d’interactions avec les autres centres dans le but de faire des projets multi-centres qui auront encore plus d’impact ».