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Dans les coulisses d'Optech

 
 

19 octobre 2020

Auteur : Article réalisé par CScience IA
Consulter l’article original : https://www.cscience.ca/2020/1...

Installé à Montréal et à La Pocatière, Optech est un centre collégial de transfert technologique (CCTT) spécialisé en optique-photonique. Affilié aux Cégeps André-Laurendeau, de La Pocatière et John Abbott College, il fait partie des 59 centres membres de Synchronex. Nous avons échangé avec Maroun Massabki, directeur général adjoint et directeur du développement et de l’innovation.


De la PME à la grande entreprise comme Apple ou Bombardier, le mandat d’Optech est d’aider les firmes à développer de nouveaux produits et de nouveaux procédés.
Spécialisé dans les technologies de l’optique conventionnelle comme les caméras, les systèmes d’éclairage et les technologies photoniques, le CCTT veut aider les entreprises à innover.

« Lorsqu’une entreprise nous contacte, c’est qu’elle a un défi technologique à relever. Elle nous demande si la science de l’optique peut aider dans leur projet. Composé d’une équipe de 27 spécialistes, nous fournissons l’expertise, le savoir-faire et nous avons un parc d’équipements d’une valeur de dix millions de dollars, dans lequel on trouve un laboratoire de photo-radio radiométrie de pointe qui est probablement l’un des plus complets au Canada », affirme Monsieur Massabki.

DES ÉQUIPEMENTS UNIQUES
Depuis un certain temps, les gens veulent utiliser l’IA sur des données déjà existantes. « On parle beaucoup de la valeur des données liée au fait que les entreprises en accumulent, mais finalement elles les traitent peu, elles ne font ressortir que très peu de valeurs ajoutées sur la masse de données qu’elles possèdent. Nous, nous voyons les choses différemment. On ne nie pas que la donnée a beaucoup de valeur, mais on dit aux entreprises – Imaginez si maintenant, vous pouvez développer un équipement qui va vous permettre d’accumuler de l’information dont vous êtes propriétaires. Non seulement au niveau de l’information, mais aussi au niveau de la façon dont vous récoltez l’information », évoque Monsieur Massabki.

Maroun Massabki donne l’exemple de Google. « L’information qu’ils ont sur l’usager est d’une grande valeur, c’est cela qu’ils monnaient. Cependant, s’ils n’avaient pas d’interface, s’ils n’avaient pas l’outil de recherche en ligne, ils n’auraient jamais pu aller chercher cette information à valeur ajoutée. C’est précisément cela que nous développons pour nos partenaires. Des équipements uniques. »

Optech travaille notamment avec l’entreprise montréalaise Optina Diagnostics, spécialisée dans la science de la mesure de l’œil, et plus particulièrement de la rétine.

La firme veut imager la rétine pour sortir de l’information qui permettrait d’identifier un biomarqueur-clé nommé plaque bêta-amyloïde. « Cela n’est pas possible avec une caméra conventionnelle, il faut donc une caméra spécialisée, qui prend des images de la rétine très résolues en fonction de la longueur d’onde. Pour pouvoir faire rouler leurs algorithmes d’IA sur ces données-là, il fallait développer cette caméra, et c’est là que nous avons participé. Nous les avons aidés à la développer. Ils sont aujourd’hui propriétaires de la technologie, et cela va leur permettre d’avoir accès à des données uniques ».

UNE APPROCHE NOVATRICE
Optech améliore constamment son expertise afin d’être une référence dans le développement de systèmes optiques. « On entend beaucoup dire en IA que le plus gros du travail, probablement 90 à 95 % de l’effort est de nettoyer les données pour les rendre utiles et compatibles à l’algorithme. On se retrouve donc avec une tonne de données, où seulement 5 à 10 % sont réellement utiles », souligne M. Massabki. L’approche d’Optech est de proposer aux entreprises de travailler sur la conception, le prototypage et la validation de l’équipement pour que l’acquisition d’informations soit entièrement utile.

PRÉDIRE UNE DÉFAILLANCE
Parmi les équipements conçus par Optech, les capteurs à base de fibres optiques, tels des capteurs de données physiques pour la température, la pression, la déformation ou encore la vibration. «Quand on parle de capteurs optiques basés sur l’IA, on parle de capteurs à valeur ajoutée, pour mesurer certains aspects qui ne sont pas mesurables de façon conventionnelle et pour combiner la mesure à une étude prédictive. Par exemple, les vibrations dans un système de turbine et de génératrice utilisé dans des centrales hydroélectriques. Le champ électromagnétique est très fort, ce sont des conditions d’opération très difficiles pour des capteurs électroniques. Donc, à ce moment-là, on imagine des capteurs basés sur des fibres optiques, insensibles aux interférences électromagnétiques. Grâce à ces capteurs, on va lire un signal optique que l’on va traduire en vibration et grâce à ces données et les outils d’IA, on est capable de suivre le vieillissement normal de l’équipement et de le distinguer clairement d’un comportement de défaillance prochaine qui alors pourra être prévu en avance », explique M. Massabki.

Depuis quelque temps, le CCTT reçoit beaucoup de demandes provenant du secteur de l’instrumentation médicale, mais aussi dans la production industrielle, manufacturière, environnementale et même le secteur du multimédia.

« On a des clients qui doivent développer de nouvelles technologies pour les JO ou le Super Bowl. Pour tout ce qui est éclairage spécialisé à base de DEL, projections animées, ils font appel à nos services. Et souvent dans le multimédia, les créateurs veulent de plus en plus faire des évènements interactifs, ils veulent que les systèmes soient capables de lire l’intention des spectateurs afin de réagir en temps réel, et c’est là que l’IA embarque », conclut M. Massabki.

Depuis 2002, Optech a contribué au développement de plus de 1200 projets novateurs et servis plus de 500 entreprises.