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L’incontournable électrification des véhicules

 
 

11 novembre 2020

Cet article a rédigé par le Portail du réseau collégial dans le cadre de notre entente de partenariat. Pour consulter l'article original : http://www.lescegeps.com/reche...


Entretien avec François Adam, directeur général, Institut du Véhicule innovant (IVI), CCTT affilié au Cégep de Saint-Jérôme

Le 23 septembre dernier, l’Institut dévoilait les premières images de son nouveau bâtiment. Grâce à une subvention de 12,7 MS du ministère de l’Économie et de l’Innovation, ces nouvelles installations permettront le regroupement sous un même toit de l’ensemble des activités de l’institut.

Pour François Adam, c’est l’aboutissement de longues années de travail et de démarches. « Le projet a été imaginé par une petite équipe dans les locaux du collège, explique-t-il. Nous savions que le Québec devait se donner les infrastructures et les moyens d’innover dans le domaine du véhicule électrique. Avec beaucoup de travail et d’énergie, nous avons obtenu l’automne dernier le financement permettant d’avoir les moyens de nos ambitions. Ces installations favoriseront la réalisation de nombreux projets, parce que nous sommes actuellement en saturation. L’espace physique manque et les véhicules sur lesquels nous travaillons grossissent. Ça ne va pas dans le bon sens… Nous nous donnons beaucoup plus d’espace pour réaliser plus de projets et avoir plus d’impact auprès des entreprises qui se greffent à cette grappe industrielle. »

La première pelletée de terre se fera au printemps et l’occupation des lieux en 2022. François Adam parle de son « bébé ». Un projet qui a exigé de la patience et de la persévérance. « Le résultat sera assurément à la hauteur de nos attentes. Les professionnels ont bien compris notre ADN. Quand nous entrerons dans cette bâtisse, ça sentira le développement durable. Comme espace de laboratoires et d’innovation, ça inspirera assurément la créativité. »

Les changements climatiques commandent l’électrification des véhicules
Il ne se passe pas une journée sans que l’on parle de l’électrification des transports. Selon le directeur de l’IVI, nous n’avons pas beaucoup le choix. « Règle générale, le message est passé dans la population que nous vivons une crise climatique, constate-t-il. Si nous ne faisons pas ce qu’il faut maintenant, nous en subirons les conséquences, et ce, pour longtemps. Nous devons déjà nous adapter aux changements climatiques incontournables et réduire leurs impacts à long terme. Nous n’avons pas le choix de bouger, ça presse. Les politiques commencent à être plus musclées. Certains diront que c’est encore bien peu pour atteindre les objectifs fixés. Il faut qu’il se passe quelque chose pour ne pas foncer dans un mur. L’électrification s’avère une des solutions très intéressantes pour les transports qui sont de gros émetteurs de GES. Au Québec, ils représentent 40 % de nos émissions. C’est essentiel ; il faut s’attaquer de façon très musclée aux transports et à toutes les plateformes possibles et imaginables électrifiables: camions et autobus, mais également à tout matériel roulant et volant pour enlever les carburants fossiles de l’équation. D’où l’importance pour nous d’en faire plus pour les prochaines années. Comme il n’y a pas de fabricant automobile au Québec, nous devons donc nous retourner vers les autres véhicules qui eux sont fabriqués au Québec : Autobus, camions, véhicules spécialisés. »

"Si nous ne faisons pas ce qu’il faut maintenant, nous en subirons les conséquences, et ce, pour longtemps."

- François Adam, directeur général, Institut du Véhicule innovant (IVI),

Conception d’un robot agricole autonome et électrique
Parmi les projets en cours, l’IVI a travaillé à la conception d’un robot agricole autonome et électrique. Dans un contexte de pénurie de la main-d’œuvre agricole conjuguée aux difficultés de recrutement de travailleurs étrangers par temps de pandémie, cette solution offre une solution. « Le robot a été aux champs cet été et y est encore aujourd’hui. Il n’est pas seulement télécommandé, il est, lorsqu’il exécute sa tâche, parfaitement autonome ; il fait du sarclage et changera complètement l’agriculture du futur. Il est bien évident que le fabricant et les agriculteurs aimeraient profiter maintenant de cette solution, mais il reste un peu de développement avant le déploiement commercial. Nous travaillons fort pour le rendre disponible dans les prochaines années. »

Électrification d’un véhicule tout terrain sur chenilles
L’électrification d’un véhicule tout terrain sur chenilles constitue un autre excellent exemple de projets en cours : en collaboration avec la compagnie UTV international de Montréal, le projet répond à un besoin de travail hors route. Le véhicule-outil pourra par exemple être utilisé par Hydro-Québec pour planter des poteaux dans des zones peu accessibles. Le véhicule peut être équipé de nombreux outils, travailler à l’arrêt sans avoir un moteur qui tourne et en émettant moins de GES.

Conception d’une première voiturette-aspirateur électrique sans hydraulique en Amérique du Nord
L’IVI a conçu une première voiturette-aspirateur électrique sans hydraulique en Amérique du Nord. La voiturette a été acquise par la Ville de Montréal. Grâce à un partenariat avec la Ville de NewYork, le véhicule a été prêté pour essai. « Une magnifique vitrine pour le manufacturier Exprolink-Madvac de Longueuil qui voit son produit déployé sur un marché étranger. »

Développement d’un autobus urbain électrique en aluminium
En partenariat avec le client Letenda, l’IVI travaille au développement d’un autobus urbain électrique en aluminium. La particularité du véhicule réside dans son plancher complètement plat à l’intérieur et accessible aux fauteuils roulants partout dans l’autobus. Grâce à deux essieux directionnels et des roues placées dans les coins, l’autobus est facile à conduire et plus spacieux.

Continuer à croître tout en étant prudents
L’IVI existe depuis 6 ans. Le centre compte sur une trentaine de personnes et continue à embaucher du personnel. François Adam précise toutefois qu’il faut être prudent en temps de pandémie : « Nous sommes très dépendants de nos clients. Pour le moment, nous sommes très occupés. Mais, nous fonctionnons en lien avec les entreprises que nous desservons. Si elles se retrouvent en précarité financière et cessent d’investir dans l’innovation, nous pourrions en subir des contrecoups. Actuellement, c’est l’effet inverse : les gens ont décidé d’investir dans le futur, de se préparer et d’innover pendant une période plus creuse. En ce qui nous concerne, nous n’avons pas ressenti vraiment de ralentissement pendant la pandémie. »

Une équipe qui roule en voiture électrique
Fait amusant : les membres de l’équipe de l’IVI présentent sur leur site WEB le type d’auto électrique qu’ils utilisent à titre privé. Selon le directeur général, il faut prêcher par l’exemple. « Dans le fond, nous ne faisons pas que travailler en électrification des transports. Nous y croyons. Nous ne faisons pas de véhicules électriques personnels au Québec. Pour nous, c’est une façon de réduire notre empreinte GES que de rouler une voiture électrique. Nous avons fait la démonstration à l’interne que c’est un choix intelligent et économique. À la fin de sa vie utile, ma Chevrolet Volt ne m’aura pas coûté plus cher qu’une Honda Civic. Une fois qu’on a goûté à la conduite de la voiture électrique, nous sommes incapables de nous en passer ! Les performances sont surprenantes ! » conclut-il.

En savoir plus sur l'IVI : https://synchronex.ca/centres/...