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Recherche : apprentissage et inspiration pour les étudiants

 
 

5 mars 2020

Cet article est rendu possible grâce à la contribution de Synchronex, le réseau des centres collégiaux de transfert.

Article de Marco Gaudreault, chercheur au Centre d’Étude des COnditions de vie et des BESoins de la population (ÉCOBES) rattaché au Cégep de Jonquière.

 

Marco Gaudreault (ÉCOBES) et Cédric Bister (SynHERA) ont recueilli et analysé les témoignages des étudiants.

Les chercheurs des cégeps s’investissent dans des activités de recherche depuis la mise en place de ce modèle d’enseignement, il y a cinquante ans. La recherche collégiale s’est considérablement développée depuis et la plupart des cégeps s’y investissent dans un grand nombre de disciplines, l’inscrivant de fait dans leur mission (Fédération des cégeps, 2016, article 6.0.1. de la Loi sur les collèges d’enseignement général et professionnel). Dans cette visée, les centres collégiaux de transfert (les Centres), les centres institutionnels, les chaires de collèges, de même que les enseignants-chercheurs et les professionnels participent au rayonnement de la recherche au collégial et à la formation de la relève en recherche. 

L’apprentissage des étudiants collégiaux participant aux travaux de recherche se fait souvent à l’extérieur du cadre normal des cours. Par exemple, les acquis obtenus dans le cadre d’un emploi rémunéré d’assistant viendront bonifier et compléter ce qu’il a appris durant ses cours. Par ailleurs, nous ne pouvons sous-estimer l’importance des initiatives de certains enseignants qui offrent aux étudiants des activités d’initiation à la recherche dans le cadre de cours existants. Ces projets, qui se réalisent souvent en fin de programme, répondent, dans certains cas, à des besoins exprimés par le milieu. Ces activités peuvent également être des déclencheurs d’intérêt envers la recherche. 

À l’échelle du Québec, aucune donnée globale n’est disponible sur le nombre d’étudiants accueillis dans les regroupements de recherche. Seuls les Centres sont dans l’obligation de rendre compte du nombre d’employés étudiants et de stagiaires au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES). Pour l’année 2013-2014, on dénombrait plus de 400 étudiants ayant participé aux activités de recherche de l’un des 46 Centres membres de Synchronex. Ce nombre est passé à 650 étudiants en 2016-2017. 

Le MEES encourage de différentes façons les Centres à inclure des étudiants à leurs activités de recherche et de transfert. La mise en place de programmes dédiés tels que TRIADE et l’intégration de critères spécifiques au sein de certains programmes de financement du MEES sont des exemples de moyens préconisés pour permettre le transfert des connaissances et le développement des compétences en recherche auprès de la relève. Par exemple, le Programme d’Aide à la Recherche et au Transfert (PART), l’un des principaux programmes de subvention de recherche pour les Centres et les CÉGEPS, évalue les propositions en tenant compte du nombre d’étudiants prévus dans un projet. Ces critères d’évaluation témoignent bien de l’importance de la participation des étudiants dans les projets de recherche accordée par le MEES. 

En Belgique, la contribution des étudiants aux activités des centres de recherche des Hautes Écoles n’était pas connue avant nos travaux. Certains doutaient même qu’elle existe ! Nos visites et rencontres ont permis de mettre en lumière quelques cas probants et nous avons pu bénéficier de quelques témoignages. Au hasard des rencontres, nous avons même découvert que plusieurs étudiants québécois ont déjà réalisé des stages dans les Hautes Écoles wallonnes et qu’à l’inverse, certains Centres ont déjà accueilli des étudiants belges. C’est le cas du Centre de production automatisée (CPA) du Cégep de Jonquière qui a intégré deux étudiants wallons l’année dernière. 

Dans une étude sur les retombées des activités de recherche des Centres, Kingsbury et Bourgeois (2011) insistent sur l’importance des efforts à déployer par les centres afin de s’assurer d’une meilleure intégration des étudiants dans leurs activités de recherche. À l’exception de Puche et Leclerc (2013) du Cégep de St-Hyacinthe, très peu d’études se sont intéressées aux mesures d’accueil et d’encadrement des étudiants intégrés aux regroupements de recherche. Comment ces mesures favorisent-elles la formation des étudiants ? Il nous est apparu nécessaire de les documenter afin d’en maximiser les effets. Est-ce que les étudiants impliqués dans les activités des regroupements de recherche en perçoivent les retombées sur leur cheminement scolaire, professionnel ou personnel ? Ces retombées pourraient-elles être bonifiées ? Est-il possible d’en faire bénéficier un plus grand nombre d’étudiants ? 

Ce sont ces questions qui ont poussé deux chercheurs d’ÉCOBES – Recherche et transfert, la direction de Synchronex et de deux employés de SynHERA, l’équivalent wallon de Synchronex, à amorcer une collaboration dans le cadre de la 10e Commission mixte Québec Wallonie-Bruxelles visant à mesurer les retombées de ces expériences sur les étudiants impliqués dans les travaux de recherche des centres de recherche et de transfert du Québec et de ceux associés aux Hautes Écoles wallonnes. 

Plusieurs unités de recherche, de superviseurs de stages ainsi des enseignants connus pour intégrer des activités de recherche dans leurs formations ont contribué à la sollicitation d’anciens étudiants-chercheurs. Ces volontaires étaient invités à enregistrer un témoignage vidéo à l’aide d’une webcaméra et à le transmettre à l’équipe de recherche. 

Les chercheurs changent des vies, parfois même sans s’en rendre compte

Parmi les quelques témoignages recueillis, plusieurs s’entendent pour dire que leur contribution à la mise en place d’une innovation ou à un projet de recherche lors de leur passage au cégep ou dans une Haute École s’est révélée stimulante et formatrice. Cette expérience les a sensibilisés aux exigences du marché du travail et a contribué à développer leur sens de l’organisation. Dans pratiquement tous les témoignages, les personnes ont mentionné que leur expérience leur a permis de découvrir que les activités de recherche ne sont pas réservées qu’aux génies. Ces stages ont contribué à démystifier la recherche et l’innovation et les étudiants ont constaté qu’ils pouvaient y contribuer de manière significative à titre de stagiaire ou d’assistant de recherche. Plusieurs ont même découvert une nouvelle manière d’utiliser leur formation et leurs compétences. Quelques-uns songent même à poursuivre leurs études plus longtemps que prévu initialement afin de consacrer leur carrière à la recherche ou à l’innovation. Il ne fait aucun doute que l’expérience que vivent les étudiants impliqués dans les activités de recherche et d’innovation engendre des résultats tangibles sur leur formation, sur leur orientation scolaire et professionnelle ainsi que sur le développement de leurs compétences. Quelques étudiants ont même témoigné avoir développé leur estime de soi tellement ils étaient fiers de leurs réalisations.

« Bref, les retombées de la recherche sur l'enseignement (via les enseignants) dans les cégeps et les Hautes Écoles, ne sont qu'une des facettes de ces retombées ! Il y a aussi des retombées tangibles sur l'apprentissage des étudiants. »
- Marco Gaudreault

Évidemment, le montage de la capsule vidéo rassemblant les faits saillants a été confié à un étudiant d’art et technologie des médias du Cégep de Jonquière. Il fallait bien être cohérent ! Elle est disponible sur le site d’ÉCOBES – Recherche et transfert. Écoutez-les ! En six minutes, vous serez convaincus qu’intégrer un étudiant dans une équipe de recherche change des vies !

Marco Gaudreault, chercheur au Centre d'étude des conditions de vie et des besoins de la population (ÉCOBES).

 À PROPOS D’ÉCOBES – Recherche et transfert

Le Centre d’Étude des COnditions de vie et des BESoins de la population (ÉCOBES) est un organisme dédié à la recherche en sciences sociales appliquées rattaché au Cégep de Jonquière. Fondé en 1982 et reconnu à titre de Centre collégial de transfert de technologie dans le domaine des pratiques sociales novatrices (CCTT‑PSN) depuis 2009, ÉCOBES œuvre dans le domaine du développement socio-organisationnel en santé et en éducation.

Une force d'innovation en santé et en éducation

Depuis sa fondation en 1982, ÉCOBES s’affirme en tant que chef de file de la recherche en sciences sociales au sein du réseau collégial québécois. L’action d’ÉCOBES, dans deux domaines étroitement liés, soit l'éducation et la santé, vise à répondre aux besoins des milieux de pratique et d’intervention à l'aide de travaux rigoureux, réalisés selon une approche empirique.

La connaissance au service du développement

Véritable moteur de développement social et économique, ÉCOBES propose différentes activités de recherche et de transfert de connaissances aux milieux utilisateurs : veille, recherche appliquée, diffusion, formation, soutien et accompagnement lors de démarches de concertation, de recherche ou de développement organisationnel. Le Centre contribue notamment à la progression des connaissances sur les jeunes ainsi qu’à la prévention de l’abandon scolaire et des maladies héréditaires. 

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ÉCOBES fait partie du regroupement des 59 Centres collégiaux de transfert affiliés aux cégeps et collèges du Québec ; des centres de recherche et d’innovation qui agissent dans tous les secteurs industriels ainsi que sur des enjeux sociaux allant de la santé à l’éducation en passant par l’agriculture, l’aérospatiale, le maritime, les technologies environnementales, le développement durable, les matériaux de pointe, l’intelligence artificielle, la productique, etc. Déployés à la grandeur du territoire Québec, ces centres travaillent annuellement avec 5 000 clients dans la réalisation de plus de 10 000 projets d’innovation technologique et sociale.

 

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