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Les CCTT allient humains et technologies pour bâtir une société verte et durable (suite de l'article paru sur le Portail du réseau collégial du Québec)

 
 

8 novembre 2021

Cet article a rédigé par le Portail du réseau collégial dans le cadre de notre entente de partenariat. Pour consulter l'article original : http://www.lescegeps.com/reche...
Auteur : Alain Lallier


Les entreprises et les organisations doivent repenser leur mode de fonctionnement ou de production pour adopter des pratiques, des procédés et des technologies plus durables. Près de la moitié des 59 centres collégiaux de transfert de technologies et de pratiques sociales (les CCTT) travaillent directement dans des domaines d’expertise liés, mais comme il s’agit de plus en plus d’éléments distinctifs à valeur ajoutée et d’objectifs de leurs clients, tous les CCTT interviennent afin que les solutions qu’ils proposent soient plus vertes, plus responsables et plus durables.

Le projet présenté par le Centre de développement des composites du Québec (CDCQ) de Saint-Jérôme a attiré notre attention. Il concerne le recyclage des bateaux en fin de vie.

Daniel Poirier, chargé de projets au Centre de développement des composites du Québec (CDCQ) de Saint-Jérôme

Le projet développé par le CDCQ avait deux volets. Le premier concernait les bateaux en matériaux composites abandonnés ou en fin de vie. Le second consistait à développer un bateau plus vert et plus facilement recyclable. « Les activités du CDCQ visent le développement durable depuis plusieurs années, affirme Daniel Poirier, chargé de projets au Centre. C’est un enjeu majeur dans notre secteur d’activités, particulièrement pour la recyclabilité, les produits en fin de vie et la réduction des rebuts de production. »

Janic Lauzon

Janic Lauzon, directrice du Centre, précise que les matériaux composites sont apparus en 1960 avec l’arrivée des plastiques. « Ces matériaux ont permis de réduire considérablement les GES en allégeant les produits fabriqués en métal lourd. Nous en avons mis dans les avions, les trains et les autos. Ces matériaux peuvent être utilisés pendant 50 ans dans les conduites d’eau potable et les conduites d’égout. Ils sont durables, légers, mais non recyclables en fin de vie. Quand on fait le cycle d’analyse du cycle de vie, les bénéfices de l’utilisation des matériaux composites sont beaucoup plus grands. Ce qu’on en fait à la fin de la vie utile représente moins de 3 % des cas. Nous travaillons sur la valorisation pour trouver des endroits nous permettant de les réutiliser. Notre travail, dans le projet des bateaux en fin de vie, misait sur la valorisation par procédé de pyrolyse. Parallèlement, il faut développer de nouveaux matériaux recyclables à la fin de leur vie utile. C’est le deuxième prototype sur lequel nous travaillons en ce moment afin de rendre les matériaux composites 100 % recyclables. »

CDCQ bateaux en fin de vie

Le besoin de recycler les bateaux en fin de vie provient de Transports Canada, précise Daniel Poirier :« Ils avaient lancé un appel de projets auquel nous nous sommes joints en collaboration avec l’Institut maritime de Rimouski. Des partenaires industriels se sont ajoutés, dont Vision Marine Technologies de Boisbriand, un fabricant de bateaux électriques ne produisant aucune émission de pollution et préservant un environnement naturel complètement propre. S’est également joint au projet un sous-traitant, Abitibi&co, pour la fabrication des pièces. Le projet a généré des collaborations au départ imprévues. Nous nous sommes également associés à un grand partenaire industriel de matières premières, Arkema,qui a produit la fameuse nouvelle résine recyclable. »

À la source, le problème environnemental provient du fait que les propriétaires de bateaux qui prennent l’eau ou qui sont devenus désuets avaient deux options : sortir le bateau de l’eau, le mettre en morceaux et l’envoyer au site d’enfouissement, ou encore, le couler. Transports Canada se retrouve ainsi avec plusieurs embarcations échouées sur les berges partout au Canada.

CDCQ

Le procédé mis au point par le Centre permet de séparer la résine (matrice utilisée dans le matériau composite de la fiche) et le renfort (fibres, billes, microsphères). Le Centre essaie de trouver également des voies permettant la valorisation du renfort de façon séparée.

Janic Lauzon rappelle que nous utilisons les matériaux composites dans plusieurs secteurs : « Le bras spatial canadien a été une des premières utilisations dans l’aérospatial. Il existe des matériaux composites dans les avions, les trains, le métro de Montréal, les articles de sports, les bains et les douches et ainsi que les pales d’éoliennes. C’est un produit plus résistant que les plastiques qui ne se corrode pas. »

La méthode de valorisation du Centre repose sur une technologie de pyrolyse sous vide, où l’on vient récupérer les fibres pour pouvoir les réutiliser, essentiellement dans les composites. « La portion matrice devient une huile condensée pouvant être réutilisée dans un secteur d’application. À l’intérieur de ses activités, le CDCQ de Saint-Jérôme est à développer une plateforme de développement durable pour la valorisation des composites dans tous les secteurs. Il y a un grand nombre de pièces en fin de vie que nous devrions pouvoir récupérer de façon plus durable, » conclut Daniel Poirier.

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